Château de Villers-Cotterêts

Juin 1, 2019

Mandatées par le Centre des Monuments Nationaux, les équipes de Salisbury archéologie ont réalisé un relevé géophysique du Château de Villers-Cotterêts (Aisne).
L’ensemble du proche sous-sol des extérieurs (cours, jardins, parc et des bosquets) a été cartographié par méthodes magnétique, électrique et géo-radar soit 14 630 m2 à l’intérieur du château et pas loin de 15 hectares dans le parc. Cette étude e a été motivée par le projet de restauration et la réhabilitation de l’ensemble des bâtiments du domaine pour accueillir un centre de diffusion de la culture francophone dans le monde.
De manière générale, nous pouvons dire que l’enquête au radar s’est révélée être une méthode adéquate dans les circonstances et les types de sol spécifiques à l’intérieur du château de Villers-Cotterets. La profondeur de pénétration de l’équipement était très efficace et l’enquête a permis d’identifier un grand nombre de structures.

L’interprétation de ces anomalies était un défi, principalement parce que les alentours du château ont fait l’objet de nombreux aménagements depuis sa construction jusqu’aux dernières années. Il nous est impossible de classer chacune de ces perturbations ni de les dater, mais toutes les anomalies identifiables sur les radargrammes 2D ont été analysées.

Sur cette base, une interprétation a été faite, différenciant les murs, les réseaux et canalisations, les drains et les puits présents dans la zone d’étude. Lors du filtrage et de l’interprétation, nous avons tenté de réaliser une interprétation archéologique. Cela signifie que nous ne nous sommes pas concentrés, par exemple sur les réseaux récents, nous avons essayé de les filtrer lorsque cela était possible, car cela rendait l’interprétation archéologique moins compréhensible.

Dans la cour des offices, la plupart des anomalies repérées se trouvent dans la partie nord, à une profondeur comprise entre 0,8 et 1,5 m La structure la plus remarquable à un puits avec un mur d’enceinte.

À l’est de la cour des offices, au niveau des trois petites cours (cour entre le jeu de paume et le séchoir, cour entre le séchoir et les cuisines, cour des cuisines) et du jardin, de nombreuses anomalies sont apparues. La plupart d’entre elles ont été identifiées comme des murs (mis à part trois drains et deux probables canalisations). Leur interprétation n’est pas aisée à cause du sol perturbé, mais il semble y avoir plusieurs bâtiments.

Dans la cour du jeu de paume, en dépit des difficultés liées à l’irrégularité de la surface du sol, plusieurs anomalies sont visibles. Au milieu de la cour, un élément spectaculaire apparait. Il s’agit d’une grande  structure circulaire entourée d’un élément de mur rectangulaire. Il pourrait s’agir d’un grand puits ou d’une fontaine. Au nord, une forme rectangulaire particulière, avec des arêtes vives peut être interprétée comme une fondation ou une zone pavée. Sa profondeur est d’environ 1,5 m. Enfin, plusieurs murs orientés est-ouest ont été repérés. 

Dans le grand jardin situé dans la partie nord-est du château,  la végétation et la surface rendaient l’enquête également difficile. Les résultats du relevé ont montré que cette zone présentait beaucoup moins de perturbations que les précédentes. Un important mur orienté nord-sud traverse l’ensemble du jardin. Il est aménagé avec des contreforts intérieurs espacés de 5 à 6 m à intervalles réguliers. À l’est du mur, il y a un grand puits (3 m de large), à partir duquel un grand élément se dirige vers le château. Cette dernière anomalie, visible à environ 1 m sous le niveau du sol, pourrait être d’un drain.

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